Souvent éclipsée par les vitamines C ou D, la vitamine K est pourtant un pilier de notre équilibre vital. Indispensable à la coagulation sanguine et à la solidité du squelette, cette vitamine liposoluble se divise en deux formes principales : la K1 (phylloquinone), issue du monde végétal, et la K2 (ménaquinone), produite par des bactéries ou présente dans certains produits animaux. Une alimentation ciblée permet de prévenir les risques hémorragiques tout en protégeant la santé cardiovasculaire sur le long terme.
Les meilleures sources de vitamine K1 : le pouvoir des végétaux
La vitamine K1 représente la majeure partie de nos apports alimentaires. Elle est stockée dans les feuilles des plantes, où elle participe à la photosynthèse. Plus un légume est vert et feuillu, plus sa teneur en vitamine K est élevée.
Les légumes verts à feuilles, champions toutes catégories
Le chou frisé (kale) domine les classements. Une portion de 100 grammes fournit jusqu’à sept fois l’apport journalier recommandé. Les épinards, les blettes et les salades comme la laitue romaine ou la scarole sont également des sources exceptionnelles. La cuisson ne détruit pas la vitamine K : en réduisant le volume des feuilles, elle permet de consommer une densité de nutriments plus importante par portion.
Les herbes aromatiques et crucifères
Le persil frais, le basilic et la ciboulette offrent une densité nutritionnelle remarquable, même consommés en petites quantités. Le brocoli et les choux de Bruxelles constituent un excellent compromis entre fibres, vitamine C et vitamine K1. Pour optimiser l’absorption, accompagnez ces légumes d’une source de gras comme l’huile d’olive, l’avocat ou des oléagineux, car la vitamine K nécessite des lipides pour franchir la barrière intestinale.
La vitamine K2 : l’atout méconnu des produits fermentés
Moins abondante dans l’alimentation moderne, la vitamine K2 possède une biodisponibilité supérieure à la K1 et circule plus longtemps dans le sang. Elle dirige le calcium vers les os et les dents, évitant son accumulation dans les artères.

Le natto, un plat japonais à base de soja fermenté, est la source la plus riche en ménaquinone-7 (MK-7). En Europe, on la trouve dans les fromages fermentés comme le brie, le gouda ou l’emmental, ainsi que dans le foie de volaille et les jaunes d’œufs de poules élevées en plein air.
Notre système digestif synthétise également une partie de la vitamine K grâce aux bactéries intestinales. Ce mécanisme agit comme une valve de sécurité physiologique, régulant la disponibilité des facteurs de coagulation. Cette production endogène ne suffit toutefois pas à couvrir l’ensemble des besoins, notamment pour la protection osseuse et artérielle. Il est donc nécessaire de varier les sources de graisses fermentées et de produits animaux de qualité.
Tableau comparatif des teneurs en vitamine K
Voici les concentrations moyennes pour 100 grammes d’aliments courants pour vous aider à composer vos menus.
| Aliment (100g) | Teneur moyenne (µg) | Type de Vitamine |
|---|---|---|
| Natto (soja fermenté) | 900 – 1100 | K2 (MK-7) |
| Chou frisé (Kale) cuit | 810 | K1 |
| Épinards frais | 480 | K1 |
| Blettes | 400 | K1 |
| Persil frais | 360 | K1 |
| Brocoli cuit | 140 | K1 |
| Foie de bœuf | 90 | K2 |
| Fromage (Gouda/Brie) | 35 – 75 | K2 |
Recette : Salade de « Super-Verts » au Foie de Volaille et Noix
Cette recette maximise l’apport en vitamines K1 et K2 tout en garantissant une absorption optimale grâce aux lipides.
Ingrédients pour 2 personnes
Prévoyez 150g de pousses d’épinards, 100g de chou frisé haché, 200g de foies de volaille, une poignée de noix, un bouquet de persil plat, deux cuillères à soupe d’huile d’olive, une cuillère à soupe de vinaigre de cidre et quelques copeaux de parmesan.
Préparation
Lavez les épinards et le chou. Massez le kale avec une pincée de sel pour l’assouplir. Hachez le persil et concassez les noix. Saisissez les foies de volaille dans une poêle avec un filet d’huile d’olive pendant 4 à 5 minutes, jusqu’à ce qu’ils restent rosés. Préparez la vinaigrette avec l’huile, le vinaigre, le sel et le poivre. Mélangez les verdures, les noix et le persil dans un saladier, disposez les foies tièdes sur le dessus et ajoutez les copeaux de parmesan.
Besoins quotidiens et signes de carence
Les besoins en vitamine K varient selon l’âge et le poids. L’Anses recommande un apport quotidien d’environ 79 µg pour un adulte. Ces besoins sont généralement couverts par une alimentation équilibrée, mais certaines situations exigent une vigilance accrue.
Qui doit surveiller ses apports ?
Les personnes souffrant de troubles de l’absorption intestinale, comme la maladie de Crohn ou la maladie cœliaque, ou ayant subi une chirurgie bariatrique, peuvent présenter des niveaux insuffisants. La prise prolongée d’antibiotiques perturbe aussi la flore intestinale. Les personnes sous traitement anticoagulant (AVK) doivent stabiliser leur consommation de vitamine K et consulter leur médecin avant tout changement alimentaire, car cette vitamine interfère avec l’efficacité du médicament.
Comment reconnaître un manque de vitamine K ?
Une carence se manifeste par des troubles de la coagulation. Les signes cliniques incluent des saignements de nez fréquents, des gencives qui saignent au brossage, l’apparition facile de bleus, des règles abondantes et, à long terme, une fragilité osseuse augmentant le risque de fractures.
Intégrer des aliments riches en vitamine K est un geste simple pour préserver son capital santé. Qu’il s’agisse d’ajouter des épinards à un repas ou de consommer des produits fermentés, ces ajustements soutiennent votre système circulatoire et la densité de votre squelette.