Santé

Cancer du rein symptômes : sang dans les urines, douleur du flanc et signes généraux à ne pas ignorer

Éléonore Valembois 9 min de lecture

Le cancer du rein peut rester discret au début. Quand des symptômes apparaissent, ils ne signifient pas forcément un cancer, mais certains signes, comme le sang dans les urines, une douleur persistante d’un côté du dos ou une masse inhabituelle dans l’abdomen ou la région lombaire, doivent conduire à consulter.

Le but n’est pas de poser un diagnostic soi-même, mais de reconnaître les signaux qui méritent un avis médical. En France, 15 323 nouveaux cas de cancer du rein ont été diagnostiqués en 2018. La survie à 5 ans est estimée à 70 %, ce qui rappelle qu’un diagnostic et une prise en charge adaptés comptent.

Les symptômes les plus évocateurs du cancer du rein

Du sang dans les urines : le signe qui doit faire consulter

La présence de sang dans les urines, appelée hématurie, fait partie des signes les plus classiques du cancer du rein. Elle peut être visible, avec des urines rosées, rouges ou brunâtres, ou être découverte lors d’une analyse d’urine. Elle peut apparaître par épisodes, disparaître puis revenir, ce qui ne doit pas rassurer à tort.

Quiz : Symptômes et diagnostic du cancer du rein

Ce symptôme peut avoir d’autres causes fréquentes, comme une infection urinaire, un calcul rénal, une maladie de la prostate ou une irritation des voies urinaires. Pourtant, chez l’adulte, surtout si l’hématurie est indolore, répétée ou inexpliquée, elle justifie une consultation médicale pour en rechercher l’origine.

Une douleur persistante dans le flanc, le dos ou le côté de l’abdomen

Le rein se situe en profondeur, de chaque côté de la colonne vertébrale, dans la région lombaire. Une tumeur rénale peut donc provoquer une douleur au niveau des flancs, dans le bas du dos ou sur le côté de l’abdomen. Cette douleur est souvent décrite comme sourde, persistante, et différente d’un simple lumbago mécanique.

Une douleur isolée ne permet pas de conclure à un cancer. Les douleurs lombaires sont très fréquentes et le plus souvent liées aux muscles, aux articulations, aux disques vertébraux ou à des calculs. Ce qui doit alerter, c’est la persistance, l’association avec du sang dans les urines, une fatigue inhabituelle, une perte de poids ou une fièvre inexpliquée.

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Une masse palpable dans l’abdomen ou en bas du dos

Plus rarement, une masse peut être sentie dans l’abdomen, sur le côté ou dans la région lombaire. Ce signe survient plutôt lorsque la tumeur est volumineuse. Il ne faut pas chercher à palper soi-même de façon répétée, car cela augmente l’anxiété sans apporter de réponse fiable.

La découverte d’une masse, d’un gonflement localisé ou d’une sensation de volume inhabituel doit être évaluée par un médecin. L’examen clinique pourra être complété par une imagerie, car seul un examen adapté permet de distinguer une tumeur rénale d’une autre cause abdominale ou rétro-péritonéale.

Quand la maladie reste silencieuse : un point essentiel à comprendre

Un cancer du rein peut ne provoquer aucun symptôme aux premiers stades. C’est l’une des raisons pour lesquelles il est parfois découvert fortuitement, lors d’une échographie, d’un scanner ou d’une IRM réalisés pour une autre raison : douleur abdominale, bilan d’un calcul, suivi d’une autre maladie, exploration digestive ou traumatique.

Cancer du rein symptômes : infographie des signes d’alerte et du moment où consulter
Cancer du rein symptômes : infographie des signes d’alerte et du moment où consulter

Cette absence de symptôme s’explique en partie par la localisation du rein. L’organe est profond, entouré de tissus qui laissent parfois une tumeur se développer avant qu’elle ne gêne clairement les structures voisines. Les signes apparaissent plus volontiers lorsque la tumeur grossit, saigne, comprime une zone proche ou entraîne des effets généraux sur l’organisme.

Le rein est profond. Une petite tumeur peut donc rester discrète, alors qu’une lésion plus volumineuse finit par déformer les tissus voisins ou par saigner. L’imagerie permet de repérer ces anomalies avant qu’elles ne deviennent palpables.

À l’inverse, ressentir un symptôme ne signifie pas automatiquement que la maladie est avancée. Le parcours médical sert précisément à clarifier la situation : identifier la cause, confirmer ou écarter l’hypothèse tumorale, puis déterminer la conduite à tenir.

Les signes généraux qui peuvent accompagner une tumeur rénale

Le cancer du rein peut aussi se manifester par des signes moins spécifiques. Ils ne pointent pas directement vers le rein, mais leur persistance ou leur association avec des symptômes urinaires doit attirer l’attention.

Cancer du rein symptômes : schéma du parcours diagnostique après apparition des signes
Cancer du rein symptômes : schéma du parcours diagnostique après apparition des signes
Type de signe Ce que l’on peut observer Pourquoi consulter
Signes urinaires Sang visible ou détecté dans les urines Rechercher une cause urinaire, rénale ou urologique
Signes douloureux Douleur du flanc, du dos ou du côté de l’abdomen Évaluer une douleur persistante ou inhabituelle
Signes généraux Fatigue, perte de poids, perte d’appétit, fièvre, sueurs nocturnes Comprendre l’origine d’un état général qui se dégrade
Signes biologiques ou vasculaires Anémie, hypertension, œdème des jambes ou des chevilles Vérifier le retentissement sur l’organisme
Signe chez l’homme Varicocèle, c’est-à-dire dilatation de veines au niveau du scrotum Explorer une apparition récente, surtout si elle est du côté gauche
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Fatigue, fièvre, sueurs nocturnes : des symptômes trompeurs

Une fatigue durable, une fièvre sans infection évidente, des sueurs nocturnes ou une perte de poids involontaire peuvent accompagner de nombreuses maladies. Ces signes ne sont pas propres au cancer du rein, mais ils méritent d’être pris au sérieux lorsqu’ils persistent plusieurs semaines ou s’ajoutent à une hématurie ou une douleur du flanc.

Le médecin peut rechercher une anémie, une inflammation, une anomalie de la fonction rénale ou d’autres causes générales. Dans certains cas, le bilan biologique montre des perturbations qui orientent vers des examens complémentaires, sans pour autant suffire à poser le diagnostic.

Hypertension, œdèmes et varicocèle : des indices moins connus

Une pression artérielle élevée, un gonflement des jambes ou des chevilles, ou une varicocèle chez l’homme peuvent parfois entrer dans le tableau clinique. Ces signes sont indirects : ils peuvent être liés à des mécanismes vasculaires, hormonaux ou à une compression selon la localisation de la tumeur.

Là encore, ces manifestations sont fréquentes dans d’autres contextes. Une hypertension est le plus souvent multifactorielle ; des œdèmes peuvent venir du cœur, des veines, des reins ou de certains médicaments. Leur intérêt est surtout d’alerter lorsqu’ils apparaissent récemment, s’aggravent ou s’associent à d’autres symptômes évocateurs.

Quand consulter et dans quel délai ?

Il est recommandé de consulter rapidement un médecin en cas de sang dans les urines, même une seule fois, surtout si cela n’est pas clairement expliqué par une infection déjà diagnostiquée. Une douleur persistante du flanc, une masse palpable, une perte de poids involontaire ou une fièvre inexpliquée doivent également conduire à demander un avis.

Une consultation en urgence est préférable si le saignement urinaire est abondant, s’il existe des caillots, une impossibilité d’uriner, une douleur très intense, une fièvre élevée, un malaise ou une altération importante de l’état général. Dans les autres situations, un rendez-vous médical programmé rapidement permet de commencer les examens sans attendre inutilement.

Pour préparer la consultation, il est utile de noter :

  • la date d’apparition des symptômes et leur évolution ;
  • l’aspect des urines, la présence éventuelle de caillots ou de douleurs ;
  • les épisodes de fièvre, de sueurs nocturnes ou de perte de poids ;
  • les antécédents rénaux, urinaires, familiaux ou les traitements en cours ;
  • les examens déjà réalisés, comme une analyse d’urine, une échographie ou un scanner.

Cette préparation ne remplace pas l’examen médical, mais elle aide le praticien à hiérarchiser les hypothèses et à orienter le bilan.

Pourquoi les symptômes ne suffisent jamais à poser le diagnostic

Les symptômes du cancer du rein sont souvent non spécifiques. Le sang dans les urines peut venir d’un calcul, d’une infection, d’une tumeur de la vessie ou d’un trouble de la prostate. Une douleur du flanc peut être musculaire, digestive, vertébrale ou urinaire. Les signes généraux, eux, peuvent accompagner des infections, des maladies inflammatoires ou d’autres cancers.

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Le diagnostic repose donc sur une chaîne d’examens. Le médecin peut prescrire une analyse d’urine, un bilan biologique, puis une imagerie. L’échographie peut repérer une masse rénale ; le scanner, aussi appelé tomodensitométrie ou TDM, permet de mieux la caractériser, souvent avec un produit de contraste iodé. Environ 3 % de réactions d’hypersensibilité au produit de contraste iodé sont rapportées, d’où la nécessité de signaler ses antécédents allergiques et rénaux. L’IRM peut être utilisée dans certaines situations, notamment pour préciser l’extension ou lorsque le scanner n’est pas adapté.

Selon le cas, une biopsie ou l’analyse de la pièce opératoire permet un examen anatomopathologique, c’est-à-dire l’étude des tissus au microscope. Cet examen aide à préciser la nature de la tumeur, par exemple un carcinome à cellules claires ou non claires, et son grade, notamment avec le grade ISUP de 1 à 4.

Si un cancer est confirmé, un bilan d’extension peut rechercher une atteinte ganglionnaire ou des métastases. La classification TNM décrit la tumeur et son extension : T1a pour une tumeur de moins de 4 cm, T1b pour une tumeur de 4 à 7 cm, T2 au-delà de 7 cm, puis T3 et T4 selon l’extension locale. Les catégories N0, N1, N2 ou NX concernent les ganglions, tandis que M0, M1 ou MX indiquent la présence, l’absence ou l’évaluation impossible de métastases.

Face à des symptômes évocateurs, la bonne attitude est donc de ne ni dramatiser ni banaliser. Consulter permet de clarifier la situation avec des examens capables de confirmer, d’infirmer ou d’expliquer autrement les signes ressentis.

Éléonore Valembois
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