Pharmacie

108 médicaments à écarter en 2026 : les 4 ajouts et les précautions à connaître

Éléonore Valembois 7 min de lecture
Liste noire medicaments 2026 : 4 ajouts et précautions

Publié par : — Rédactrice spécialisée en pharmacie

Note de la rédaction sur nos actualisations

Le bilan 2026 de la revue Prescrire recense 108 médicaments « à écarter », dont 89 sont commercialisés en France. Cette liste ne signifie ni qu’un traitement est interdit ni qu’il faut l’arrêter seul. Elle réunit des médicaments dont la balance bénéfices-risques est jugée défavorable dans les indications évaluées. Pour vérifier un traitement, recherchez sa molécule, aussi appelée DCI, et son nom commercial, puis demandez conseil à un médecin ou à un pharmacien.

Ce que mesure réellement le bilan Prescrire

La liste annuelle de Prescrire évalue des médicaments considérés comme plus dangereux qu’utiles. L’analyse ne porte pas uniquement sur la gravité possible d’un effet indésirable. Elle compare l’efficacité démontrée du médicament, son intérêt par rapport à un placebo ou aux soins usuels, la fréquence et la gravité de ses effets indésirables, ainsi que l’existence d’options thérapeutiques plus favorables.

Infographie sur la liste noire medicaments 2026 : 108 médicaments recensés, 89 commercialisés en France, 4 ajouts et 2 retraits
Infographie sur la liste noire medicaments 2026 : 108 médicaments recensés, 89 commercialisés en France, 4 ajouts et 2 retraits

Un médicament peut donc apparaître dans ce bilan pour plusieurs raisons : bénéfice clinique faible ou incertain, absence de supériorité suffisamment utile, risques graves disproportionnés, ou association de ces facteurs. L’évaluation porte sur les indications couvertes par l’autorisation de mise sur le marché. Elle ne remplace pas une évaluation individuelle et ne constitue pas une consigne universelle applicable à tous les patients.

Une présence dans la liste n’est pas un retrait du marché

Il faut distinguer un avis éditorial d’une décision réglementaire. Prescrire recommande d’écarter certains médicaments dans la pratique de soins au regard des données analysées. Le retrait d’une autorisation de mise sur le marché ou l’arrêt de commercialisation relève, lui, des autorités sanitaires et des laboratoires. Un produit peut donc rester disponible en pharmacie tout en figurant dans le bilan.

Cette distinction explique pourquoi la liste peut contenir des spécialités connues du grand public. Le phloroglucinol, commercialisé notamment sous le nom de Spasfon, est un exemple fréquemment cité. Sa diffusion ne suffit pas à prouver une efficacité clinique suffisante ni à garantir l’absence de risque.

Les chiffres à retenir et les évolutions par rapport à 2025

Le bilan 2026 compte 108 médicaments, contre 105 dans le bilan 2025. Parmi ces 108 références, 89 sont commercialisées en France. Cette différence compte pour la vérification d’un traitement : une recherche dans une liste internationale ou européenne ne permet pas de conclure automatiquement qu’une spécialité est disponible sur le territoire français.

Repère Bilan 2026 Ce qu’il faut comprendre
Nombre total de médicaments à écarter 108 Le recensement dépasse le seul marché français.
Médicaments commercialisés en France 89 Ce sont ceux qui appellent une vérification pratique par les patients et les soignants.
Ajouts par rapport à 2025 4 Ils résultent d’une réévaluation de leur efficacité et de leurs risques.
Retraits par rapport à 2025 2 Un retrait du bilan peut être lié à un changement d’autorisation ou de commercialisation.

Les médicaments concernés appartiennent à de nombreux domaines : rhumatologie et douleurs, neurologie, psychiatrie, cardiologie, gastro-entérologie, pneumologie, dermatologie, nutrition et diabète. Le bilan recense notamment 20 médicaments en rhumatologie et douleur, 13 en neurologie, 12 en cardiologie et 11 en psychiatrie. Le phénomène ne concerne donc ni uniquement les médicaments récents ni les traitements hospitaliers.

Les quatre ajouts de la liste noire médicaments 2026

Les quatre ajouts signalés dans le bilan correspondent à des situations différentes. Leur point commun est une balance bénéfices-risques défavorable dans l’indication évaluée, et non un même mécanisme d’action.

Fézolinétant, géfapixant, chondroïtine et andexanet alfa

  • Fézolinétant (Veoza) : utilisé contre les bouffées de chaleur liées à la ménopause, il expose notamment à des risques hépatiques. Selon Prescrire, la réduction des bouffées de chaleur n’excède pas 20 % par rapport au placebo. Ce résultat doit être mis en regard de la surveillance nécessaire.
  • Géfapixant (Lyfnua) : indiqué dans certaines toux chroniques réfractaires, il provoque fréquemment des troubles du goût, comme une agueusie ou une dysgueusie. Selon Prescrire, ces effets concernent plus de 80 % des patients.
  • Chondroïtine (Chondrosulf) : proposée dans l’arthrose, elle est jugée insuffisamment utile au regard de son efficacité contestée et de ses effets indésirables, notamment allergiques.
  • Andexanet alfa (Ondexxya) : destiné à neutraliser l’effet de certains anticoagulants lors de saignements graves, il suscite des inquiétudes liées notamment aux événements thromboemboliques.

Ces exemples montrent pourquoi une lecture rapide de la liste peut être trompeuse. Un médicament peut être réservé à une situation précise, utilisé sous surveillance hospitalière ou prescrit après une discussion sur un risque immédiat. Sa présence dans le bilan ne remplace jamais l’examen du dossier médical, de l’indication exacte, des traitements associés et des options réellement disponibles.

Un effet indésirable caractéristique peut fournir un élément utile lors d’une consultation. Une modification brutale du goût sous géfapixant, des nausées inhabituelles ou un symptôme apparu après l’ajout d’un médicament doivent être notés avec leur date de début, la dose prise et les autres produits utilisés. Ce relevé chronologique aide le soignant à rechercher une réaction médicamenteuse, une interaction, un problème d’observance ou une évolution de la maladie.

Pourquoi deux médicaments sortent du bilan

Les retraits de la liste entre 2025 et 2026 ne signifient pas nécessairement que les médicaments concernés sont réhabilités. Ils peuvent correspondre à une modification du périmètre d’évaluation. L’acide obéticholique, commercialisé sous le nom d’Ocaliva, n’est plus autorisé dans les cholangites biliaires primitives. Le piracétam, connu notamment sous le nom de Nootropyl, a également été retiré du bilan dans le cadre de la réévaluation décrite.

Cette évolution annuelle rappelle que la sécurité médicamenteuse n’est pas figée. Les données cliniques, la pharmacovigilance, les décisions d’autorisation et la disponibilité des produits évoluent. Un ancien article, une capture d’écran ou une liste partielle ne suffit donc pas pour apprécier le statut actuel d’un médicament.

Que faire si votre médicament est concerné

N’interrompez pas et ne modifiez pas vous-même un traitement, surtout s’il s’agit d’un médicament pris au long cours, d’un anticoagulant, d’un psychotrope ou d’un traitement destiné à une maladie chronique. Un arrêt brutal peut provoquer un rebond des symptômes, un sevrage, une complication ou une perte de contrôle de la maladie.

Préparer une vérification utile avec un professionnel

Apportez votre ordonnance, les boîtes ou une liste complète de vos produits. Mentionnez aussi les médicaments achetés sans ordonnance, les compléments alimentaires et les traitements pris occasionnellement. Demandez quelle est la molécule, pour quelle indication elle vous a été prescrite, quel bénéfice est attendu dans votre situation et quels signes doivent conduire à consulter rapidement.

Le pharmacien peut aider à relier une spécialité commerciale à sa molécule et à vérifier les produits pris en parallèle. Le médecin évalue l’intérêt d’une adaptation ou d’un remplacement en fonction de l’indication, de vos antécédents et des solutions disponibles. Une décision ne se prend pas sur le seul nom du médicament.

Une vigilance renforcée est pertinente chez les personnes âgées, en cas de grossesse, d’insuffisance rénale ou hépatique, de polymédication, ou après une hospitalisation. Dans ces situations, les interactions et les effets indésirables peuvent être plus difficiles à repérer. Le bon réflexe consiste à demander une réévaluation organisée, et non à remplacer un médicament par un autre sur la seule base d’une liste.

Éléonore Valembois
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