Comment se passe une IRM : 30 minutes allongé, un tunnel bruyant et zéro rayon X
Publié par : Éléonore Valembois — Rédactrice spécialisée en santé
Une IRM se déroule allongé sur une table qui glisse dans un tunnel ouvert aux deux extrémités, sans douleur et sans rayons X. L’examen est bruyant, il demande de rester immobile, mais vous restez en contact avec l’équipe du début à la fin. Voici ce qui vous attend, étape par étape, et ce qu’il faut signaler avant d’y aller.
Comprendre l’appareil pour mieux l’aborder
L’imagerie par résonance magnétique repose sur un champ magnétique puissant et des ondes radio. Les atomes d’hydrogène présents dans le corps émettent des signaux, captés puis transformés en images en deux ou trois dimensions. Cette technique est particulièrement adaptée à l’étude des tissus mous : cerveau, moelle, articulations, muscles, organes de l’abdomen ou du pelvis.

IRM, scanner, radiographie : la différence qui rassure
Contrairement à la radiographie et au scanner, l’IRM est un examen non irradiant : elle n’utilise pas de rayonnement ionisant. C’est la raison pour laquelle elle est volontiers prescrite pour suivre une maladie dans le temps, par exemple pour vérifier si une tumeur diminue, reste stable ou augmente de taille. Le médecin prescripteur choisit l’examen selon la question posée, pas selon l’inconfort supposé.
Le rôle de chacun
Un technicien en radiologie vous accueille, vous installe et déclenche les séquences depuis une pièce voisine. Un médecin radiologue analyse ensuite les images et rédige le compte rendu.
Avant le rendez-vous : ce qu’il faut signaler et apporter
Le champ magnétique attire certains métaux et peut perturber ou endommager des dispositifs. Tout ce qui est implanté doit donc être signalé dès la prise de rendez-vous, pas seulement le jour J.
Les informations à donner à l’équipe
- un pacemaker, un défibrillateur implantable, un neurostimulateur ou un implant cochléaire ;
- un clip chirurgical, une prothèse articulaire, une valvule cardiaque ou tout autre matériel posé lors d’une opération ;
- une allergie connue, notamment à un produit de contraste ;
- une maladie ou une insuffisance rénale ;
- une grossesse (l’IRM est évitée durant les 3 premiers mois, selon Ameli) ou un allaitement ;
- une claustrophobie, une difficulté à rester allongé ou une forte anxiété ;
- des tatouages, piercings ou appareils dentaires.
Le port d’un dispositif métallique interne peut empêcher l’examen, mais pas toujours : certains pacemakers sont compatibles, d’autres non. Seule l’équipe, avec la référence de votre matériel, peut trancher.
Les documents à prévoir
Emportez l’ordonnance ou le courrier du médecin, votre carte Vitale et votre carte de mutuelle, vos examens précédents, vos ordonnances en cours et, le cas échéant, un compte rendu d’intervention ou d’hospitalisation. Comparer avec d’anciennes images aide le radiologue à repérer ce qui a changé.
Le jour de l’examen, du vestiaire au tunnel
Dans la majorité des cas, vous pouvez manger, boire et prendre vos médicaments normalement, sauf consigne contraire du centre. Portez des vêtements confortables, sans fermeture métallique ; une tenue vous est souvent proposée.
Ce qu’il faut retirer
Bijoux, montre, lunettes, piercings, prothèses dentaires amovibles, appareils auditifs, cartes bancaires et téléphone restent en cabine. Certains cosmétiques peuvent contenir des particules métalliques : mieux vaut éviter maquillage et produits en excès. Un questionnaire médical est rempli ou revu avec le technicien avant d’entrer en salle.
L’installation, étape par étape
- Vous vous allongez sur la table d’examen, coussins et sangles à l’appui pour tenir la position.
- Une bobine est placée autour de la zone étudiée (tête, genou, abdomen, etc.) pour capter le signal.
- On vous remet des bouchons d’oreilles ou un casque, ainsi qu’une sonnette d’alerte.
- La table glisse dans le tunnel, d’environ 2 mètres de long, éclairé et ventilé. Selon la zone, la tête peut rester à l’extérieur ou à l’intérieur.
- Les séquences s’enchaînent, certaines durant plusieurs minutes, puis la table ressort.
Un point que peu de patients imaginent : le tunnel n’est pas là pour vous « enfermer », il sert à créer un champ magnétique uniforme autour de la région examinée. C’est ce qui explique que les appareils dits ouverts, parfois proposés aux personnes très claustrophobes, offrent un champ différent et donc une qualité d’image qui peut varier selon l’indication. Mieux vaut en parler au centre avant de choisir.
Ce que l’on ressent vraiment pendant l’IRM
L’examen est généralement indolore. Vous n’éprouvez ni chaleur intense ni piqûre, hormis celle d’une éventuelle perfusion.
Le bruit et l’immobilité
Les claquements, tapotements et vibrations sont normaux : ils correspondent au fonctionnement des séquences d’acquisition. Les bouchons ou le casque (parfois avec de la musique) les rendent supportables. Rester immobile compte beaucoup, car le moindre mouvement floute l’image et peut obliger à refaire une séquence. Pour certaines zones, par exemple l’abdomen, on vous demandera aussi de retenir votre respiration quelques secondes. Le technicien vous prévient avant chaque séquence.
Rester en contact avec l’équipe
Un interphone permet de parler à tout moment, et la sonnette vous donne la main : si vous la pressez, l’examen peut être interrompu. Savoir cela suffit souvent à apaiser l’anxiété. Une autre astuce simple : garder les yeux fermés avant d’entrer et les rouvrir seulement une fois installé, pour ne pas fixer la voûte du tunnel.
Produit de contraste, durée et résultats
Quand injecte-t-on du gadolinium ?
Toutes les IRM n’en nécessitent pas. L’injection intraveineuse d’un produit à base de gadolinium améliore la visibilité de certaines structures, selon la zone étudiée et l’objectif du diagnostic. Elle est parfois réalisée dans une articulation. Vous pouvez ressentir une sensation de chaleur ou un goût métallique durant moins d’une minute, voire des nausées de quelques secondes, d’après Ameli. Allergies et maladies rénales doivent être signalées, car elles influencent l’usage du produit. En cas de réaction plus marquée ou de douleur au point d’injection, prévenez immédiatement l’équipe.
Combien de temps cela dure-t-il ?
Les durées annoncées varient : de 15 à 30 minutes selon Ameli, de 30 à 50 minutes selon Cancer.ca, jusqu’à 2 heures pour les examens les plus complexes. Ces écarts s’expliquent par la région examinée, le protocole et la présence ou non d’une injection. Prévoyez plutôt une heure sur place, accueil et préparation compris.
Après l’examen et les résultats
Vous pouvez en général rentrer chez vous aussitôt et reprendre vos activités, sauf si une sédation ou une anesthésie a été utilisée : dans ce cas, il faut être accompagné et suivre les consignes données. Le radiologue interprète les images et rédige le compte rendu, parfois disponible dès la fin de l’examen ou en environ une heure, selon Deuxième Avis, souvent plus tard. Repartez avec les images et le compte rendu, puis consultez le médecin qui a prescrit l’IRM : c’est lui qui les met en perspective avec votre situation.
Cas particuliers : claustrophobie, enfant, grossesse
Pour la claustrophobie, prévenez le centre en amont : visite de la salle, présence rassurante, appareil plus ouvert ou, dans certains cas, sédation, voire anesthésie générale sont envisageables. Chez l’enfant, une préparation avec une vidéo ou une bande dessinée explicative, comme celles de SantéBD, aide à dédramatiser. Pour la grossesse et l’allaitement, la décision se prend avec le médecin et le radiologue, au cas par cas.
La meilleure préparation reste de poser vos questions avant le jour J : l’équipe y répond volontiers, et un patient informé est un patient plus détendu, donc plus immobile et des images plus nettes.
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